lundi 31 janvier 2011

La Mode La Mode La mode Chapitre 2



Savez-vous bande de gueux à la vision modale proche du big bang et de la soupe primitive, que la mode, ça s'apprend ?
Moi, en vendant le foie et le bras gauche de mon père à un riche texan, j'ai pu accéder à ce savoir incroyable et intégrer la folle école "de le la mode unbelievable" de Strasbourg:  

 MJM.


Lors de la signature du chèque, à la rentrée, MJM signifiait Mouvement, Juxtaposition, Maquette..

A Pâques, nous avions compris qu'il s'agissait de Michel et Jean-Marie, deux frères vaguement sépharades, qui avaient trouvé le filon du siècle: appâter les "sans diplôme" pour en faire des futurs "sans travail" mais bien habillés ....

Dans cette école il y avait des professeurs (Quand on a vécu la chose de l'intérieur, c'était loin d'être évident...)

Après avoir déposé mon chèque aux pieds de Michel et Jean Marie, les veaux d'or de la mode strasbourgeoise, nous avions droit à des cours de stylisme, dispensés par une fausse blonde vénérienne, au talent approximatif, à la voix attaquée par la mycose à force de lècher les regrets jaunies de son ancienne vie, chez Givenchy je crois. 
Elle était à la mode ce qu'Alexandre Jardin est à la littérature.
 Elle trouvait mes modèles trop Jean-Paul Gaultier, je trouvais les siens trop Jean-Pierre Treiber. On était pas d'accord.
Nous avions également la chance d'avoir de vrais cours de dessins anatomiques prodigués par un chauve plein de hargne et d'un reste de psoriasis près des oreilles
  Ce monsieur me dégoutait à tout jamais du dessin à vu, sans nus. Jamais de nus... Jamais, JAMAIS. 
Grâce à lui, j'ai appris à déhancher un homme sur papier. Pas sur un papier ou un canapé ou dans une cave ! Non non, sur papier ...pendant ces deux ans, je n'ai eu personne à déhancher ..  dans cette école les activités sexuelles des invertis étaient réprimées par une infâme secrétaire de direction à la gueule de lotte et à l'haleine éponyme... Elle avait le sourire malicieux de Simone Weber, la grâce arachnéenne de Françoise Verny et la coiffure d'Agnès Varda.

Un comble pour une école ou pédés, tapettes et lopettes  (et les écartées du bac G, décolorées à l'eau oxygénée) passaient leurs journée à surpiquer des kilomètre de tissus Toto Soldes en espérant en faire des robes du soir, des fois qu'il y aurait eu des soirs à Strasbourg ... Cette conne habitait, je me souviens, rue des Mésanges à Strasbourg sans savoir ou se trouvait la boutique Hermes ... Elle ne portait que des carrés Pierre Cardin et des claquettes du Docteur Scholl. Quand on se parfume au Gloria Vanderbilt, c'est bien la moindre des choses.

Cette secrétaire, un jour m'a offert une semaine entière de mise à pied, parce que je n'avais pas rendu à temps, l'habit d'un chien. oui, d'un chien...  
Un habit dessiné et cousu pour un défilé canin, organisé par le Lion's club .... 
Je n'ai jamais pu rendre aux membres de ce club toute la considération que je lui porte depuis 20 ans ! Comment aurais-pu leur dire que j'aurais préféré faire l'amour au chien, plutôt que de l'habiller de mes talents ... 
Nous disposions également du savoir de Martine Verbouteille, notre professeur d'impression textile, qui a du sentir le filon, elle aussi en se faisant embaucher par Michel et Jean-Marie Ben Sentier ... Mais elle me donnait des bonnes notes parce qu'à la fin du mois, ça ne devait pas changer grand chose à sa vie !! Sauf que cette Martine, je l'aimais bien. 
Elle est devenue une copine de Facebook, ne comptez pas sur moi pour en dire du mal.

Enfin, à l'école de la mode incroyable, nous avions un professeur de couture, Madame Vantolina. 
Elle était aimable comme une infirmière de maison d'arrêt, elle sentait le chèvrefeuille, le tabac à chiquer et le champignon noir, mais elle cousait comme personne. 
Moi non. 
Elle marchait les jambes écartées pour ne pas se cogner dans sa descente d'organe prématurée. 
Moi non.
 Elle voulait nous apprendre à créer nos vêtements, à devenir des couturiers, moi je voulais apprendre à hurler sur des couturières pour qu'elles fassent ce que j'avais dessiné. 
Elle voulait nous apprendre à couper dans le droit fil, 
moi je voulais apprendre à hurler sur des couturières pour qu'elles fassent ce que j'avais dessiné ...
 On était pas d'accord. 

Un matin, comme Madame Vantolina avait beaucoup de retard, je conclue bruyamment qu'elle était morte et que nous avions notre matinée de libre...

Un peu plus tard, la secrétaire à la tête de poisson est venue nous dire que Madame Vantolina était décédée d'une crise d'asthme. Ca tombait bien, je n'avais absolument pas fait le travail qu'elle m'avait demandé la veille.  
J'hésitais longuement avant de porter plainte contre cette école qui engageait des professeurs souffreteux  à l'espérance de vie du hamster d'Alsace et à la respiration haletante du foetus qui sent poindre l'aiguille à tricoter, mais ma mère qui n'y aurait jamais pensé avant, a su m'en dissuader, en m'offrant une nouvelle veste Jean Paul Gaultier juste avant qu'il ne crée du parfum pour des hétérosexuels contrariés. 
Depuis, quand je sens la vanille et la lavande, je pourrais rendre.. 

Un jour, sans rien me dire, la mode est ressortie de mon corps par mon anus. Ma joie fût si intense que j'ai faillit croire en dieu mais heureusement, la vie c'est pas que de la rigolade...

4 commentaires:

  1. A défaut de faire fortune dans la mode, qu'est ce que tu attends pour te faire des c____s en or avec ta plume (sur le papier, pas dans le c_l)
    Il y a de la place dans ma bibliothèque à côté d'Alexandre Jardin, entre Paul Morand et Régis Moulu.

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  2. J'aime beaucoup se genre de compliment !! Il ne me manque que le courage du travail pour m'y mettre... !! Mais qui êtes vous cher anonyme?

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  3. Je n'ai pas été ton premier fan, j'espère pas non plus être le dernier étant beaucoup plus vieux que toi, mais une chose est certaine, je serai toujours là pour lire et relire ta prose et admirer tes tableaux... tellement d'un autre temps.

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  4. Patrick ? C'est toi l'aanonyme beaucoup plus vieux que moi ???
    En tous cas, merci !

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