mardi 13 septembre 2011

Ashes to Ashes

Aujourd'hui, grâce "aux mardis détentes" de la fonction publique et dans le cadre strict du partenariat à la con, j'ai eu droit à la sortie funérarium de l'année.




Une visite que j'attendais avec une impatience non feinte, car les cimetières, les reliquaires, les canopes à viscères et l'art funéraire sont à mes yeux la quintessence de la rigolade en plein air, avec un repas fédérateur tiré du sac, genre de buffet froid, assortiment de viandes froides et pommes de terre sous la cendre, au jardin du souvenir.

Mylène Farmer hululait à fendre les cercueils. Ainsi-soit je ..

Je m'affublais donc de ma Directrice Adjointe au prénom de paquebot brûlé en Roussillon, et fouette cocher!
Arrivés au cimetière nord, elle gare sa Fiat 500 (incroyablement bien entretenue par les poils de son chien), au bout du bout de la vie, sur le parking du crématorium.
Une cigarette pour la route, la cendre jetée au gré du vent et nous voilà devant le Nosfératu des lieus, folle grisonnante portant slim outrageant et casaque retournée, mais d'une gentillesse renversante.

Et de chapelles ardentes en salle d'autopsie, de cases réfrigérées en four crématoire, nous voilà témoins d'une livraison faisandée, celle d'un jeune homme à la vie sans doute trop tôt bousculée, une vie de merde sans même une mère, un frère, un voisin, un chien ou même un dieu pour le pleurer.

Aussitôt livré, aussitôt emballé dans un linceul de plastique qui protègera sa semaine d'éternité putride et odoriférante, avant que de finir dans un cendrier, un lundi de septembre ....

Je me suis amusé à penser que c'était peut être moi, peut-être toi dans le sac en plastique noir qui pue la mort dont personne ne veut .. ni le ciel ni la terre.


Telle est la vie des hommes. Quelques joies, très vite effacées par d'inoubliables chagrins. Il n'est pas nécessaire de le dire aux enfants. » - Marcel Pagnol "Le château de ma mère"


Sinon tout va bien.