Le printemps point et pousse. La sève monte et coule.
Voici le cortège imbécile des demi-connasses avides de lumière qui se pressent, cuisseaux et épaules livrés au vent d'avril. Le cul dressé vers l'astre obscène qui le fera flétrir, ternir et crever au banquet du carcinome dans le pire des cas, ou ressembler à un pot de terra cota de Guerlain si c'est ma mère
Dieu miséricordieux, partagez avec moi cet ouvrage mystérieux que je ne connais pas et qui oblige à ce point les homo-sapiens sapiens et les homo-tapettes tapettes à se livrer,
les bras en croix, à cette étoile stoïque et allergène. Quel est ce tropisme imbécile qui pousse cette vilaine foule à l'orée du dimanche pour il paraît, profiter, adorer, acclamer
Et de terrasses ennuyeuses à supporter la hideur des badauds habillés en chemisettes et en RSA, en torturantes ballades DANS LA NATURE pour goûter aux soubresauts furtifs du pinson fifretant et fientant gaiement sur ses petits, avec pour seul témoin l'astre dardant.
La foule est heureuse. Heureuse, comblée et repue de sa journée.
La foule est à présent une conne au cul purpurin, heureuse d'avoir pris un peu trop le soleil à midi et de finir à Villejuif plus tard dans l'après-midi.
JE HAIS la nature ensoleillée presque autant que les corps bronzés ou la prothésie ongulaire.
Je n'aime que le noir.
Le noir ça va avec tout. Givenchy, Barbara c'est le noir.
Et j'emmerde les "pensants à ma place" qui affirment que prendre l'air ça me fera du bien.
Je n'aime que l'air conditionné.
Prendre l'air ça me fait chier surtout s'il fait beau.
