mardi 26 octobre 2010

Les amants du pont-Neuf (La Suite)




Qu'on soit bien d'accord mes amours, La Vologne aurait pu passer sous le Pont-Neuf si Paris n'était pas aussi snob. J'ai même appris il y a peu, que c'est pas la Seine qui coule sous le Pont Mirabeau, mais l'Yonne.  Vérifiez vous verrez ... Bien sûr ce n'est pas la Seine ! Quant au Bois de Vincennes ....
En même temps, je suis chez moi, je ne suis pas obligé de mettre des "schlappe" quand je traîne ici.

Et puis tout ces ponts m'angoissent, ils me rappellent qu'un jour il y a fort fort longtemps, quand ma meilleure amie n'avait pas encore sombré dans la déchéance hétérosexuelle du mariage  en blanc, ni dans celle, déformante, de la maternité mensongère, qui te promet des petits anges roses et dodus, et te refile d'affreux paquets braillards, qui se soulagent sous eux, en t'offrant un sourire de gencives ensanglantées parce que ça fait ses dents..  Ma meilleure amie donc,  Grande Mamelle ...Que j'ai failli jeter dans le sombre cours d'eau qui glougloute sérieusement  sous le Pont Neuf (l'Yonne, le Rhin, la Lauch, ou le Romanée-Conti , fais-toi plaisir mon lecteur, ma plus belle histoire d'amour...). En même temps, c'était pas sous le Pont d'Avignon, ni à Pont à Mousson, ni même à Pontarlier. Mais mon coeur est si grand et si bien habillé que je lui laissais la vie sauve, et l'habit sec.
Je rappelle aux lecteurs un peu lents, à la chiche intelligence, que cette histoire est la suite de la précédente, que nous sommes à Bagnolet, chez tante Ninjea.

Un soir de soif, Grande Mamelle et moi décidâmes de gagner Paris et son odeur de souffre. Nous choisîmes la rue de la Ferronnerie et ses estaminets à gays, et nous nous abandonnâmes à notre passe-temps favori, le cul.
Non non !!!!  nous blaguâmes   !! Notre passe -temps à nous, à part le nain  de Fort-Boyard et le passé simple à la con, c'est de boire jusqu'à ce que le Pont Neuf devienne un but dans notre vie (tu comprendras plus tard).
Rue de la Ferronnerie .... La rue dans laquelle Henri IV s'est fait daguer à sec par Ravaillac... C'est pourquoi, la rue est devenue un haut lieu du Paris des garçons qui rentrent dans des garçons. Notre bar préféré, c'était le "Gnagnagna café". Fallait faire une de ces queues pour pouvoir tripoter de la caïpirinha à main nue, mais comme on connûmes de la morue et du Dario, ça a drôlement facilité notre pénétration dans le lieu. Alors on a bu. Un peu de tout, du fort du doux, du dur du mou, on a vu des stars (Pierre Palmade ou Pierre Doris et Patrick Juvet ou Topaloff )... Enfin que du beau linge!
Dans le tard de cette soirée, on décidâmes de quitter le lieu avant de vomir sur les Stéphane Kelian (et oui mes amours, Louboutin c'est pour plus tard..) de la grosse serveuse Fanny, morte depuis, noyée dans son pipi, dans les cabinets du "Monocle" le bar gouin qui faisait le coin. 

Mais à 4 heures du matin, pour rentrer à Bagnolet, faut du métro... Et du métro, à 4 heures du matin, y en a autant que des "Kelly de chez Hermès" avenue Aristide Briand à Mulhouse .... Mais la jeunesse a du courage, du mollet galbé et du soulier hors de prix (mais pas Grande mamelle et ses plate-forme shoes à la putride exhalaison ...) Souviens-toi, prodigue, esto memor ... 

Et c'est en chantant (en hurlant, en hululant, en éructant) quelques chefs d'oeuvres  de Starmania (l'alcool transforme le médiocre en diamant) que nous nous décidâmes à longer la Seine (le Rhône, la Garrone qui s'élargit, le Niger ou la Doller) sans nous soucier une seconde des lazzi des riverains, qui nous promettaient de faire entrer quantité des choses énormes dans nos fondements, afin de nous remercier de ce concert impromptu des quais de Seine (de la Loire, du Rio grande, de la Maritza)...  

Mais il est tard et j'en ai marre. Pour la suite, on verra. Je te rappelle que je ne te dois rien!

Et c'est par un drôle de hasard, que Grande Mamelle, celle de 2010, prendra le TGV demain, avec ses 2 enfants Aghatar et Oscate, pour rejoindre Paris, puis Bagnolet où l'attendra Tante Ninjea, qui a bien du prendre 20 ans en 20 ans! 

J'ai bien fait de ne pas avoir foutu Grande Mamelle à la flotte il y a 20 ans ...Maintenant ses enfants pourront refaire le même chemin ! C'est tout le mal que je lui souhaite !! 

Si tu veux on se revoit.

jeudi 21 octobre 2010

Les amants du Pont Neuf




Au début, il y avait les pommes pont-neuf, sorte de frites plus ou moins travaillées par un chef étoilé, ou par un routier de la RN de ton choix.

Et puis un soir il y eut les Amants du Pont Neuf.
Nan  nan pas ceux ridicules de Leos Carax, le réalisateur le plus léxomilé depuis la masturbation créative d'une presque naine, à col roulé, qui a osé "tourné" Hiroshima mon amour" (déjà fortement décrié par Pierre Desproges un ami à moi,  mort trop tôt, qui n'a pas eu le plaisir de voir l'adaptation cinématographique au titre éponyme, d'une pré-pubère qui se fait pécho par un éphèbe en costume de lin, le tout "voix offé" par une pré-cancéreuse de la gorge du 5 ème arrondissement ),  avant que de sombrer dans les bras frêles d'une vieille folle honteuse, totalement incapable de planquer correctement les bouteilles de pif de la vieille dame, qui en plus, a écrit l'Amant. Et ça c'est très mal.

Non, ces amants là, c'est moi, c'est elle.

C'était le mois de février son ventre était bien rond.  C'est vrai qu'on l'attendait, on voulait l'appeler Jason.

La Grande Mamelle, vous connaissez... Ma meilleure amie mariée à un hétérosexuel, mais qui est gentille quand même. Et bien cette amie là, me dit un jour :
_ "Tiens, ma tante Ningea, elle habite Paris, et si on allait y faire un tour, on paierait juste le billet de train vu que là-bas, y a du soleil et des nanas ..."
Très très tentant, vu les prix des hôtels en 1993... Et nos salaires en rapport, car ni elle ni moi, avions un travail (sauf celui de boire du vin à des heures très régulières, mais ça fait quand même très CDD...)

Gare, train, metro et enfin bagnolet .... Parce que Tantine Ningea logeait (et y loge toujours, parce qu'elle est une grande malade mentale en fin d'injection retard) à Bagnolet dans le 93 (département qui évoque à tous, la bucolique promenade du soir, le long d'une rue merde, qui nous emmène Porte des Lilas, là ou Henri attend encore que l'on se souvienne de lui, Ouap do ouap.)

Mais quand on est fauché, Bagnolet c'est aussi moche que  Charleville-Mézières, mais c'est quand même à fond plus près de Paris. Alors nous y sommes allés quand même parce que la tante Ningea, elle est sacrément rigolote, mais elle habite Bagnolet... J'ai dormi sur un coin de moquette et sous une accumulation de couvertures et sacs de couchage en tout genre. Et pour m'endormir, j'ai trouvé le best-seller de Rika Zaraï qui a réussit  à faire entrer son cul dans une bassine de zinc, pour apaiser l'hémorroïde hypocrite, l'effondrement du plancher pelvien chez la post-parturiante, et le prurit anno-vaginal chez la vicieuse congénitale, tout en éradiquant le sida en Afrique et en réhabilitant le hamster d'Alsace.
Quant à Grande mamelle, elle se vautrait dans les draps frais d'un vrai lit de communiante (mais elle mourait de honte parce que ses chaussures de travelos en plastique, avaient l'horripilante manie de la faire très puer des pieds après quelques heures de promenade dans Paris intramuros et ce,  malgré un lavage minutieux du "corpus delicti" au CIF javel... ).   
Mais il est bien tard, alors je te raconterai un autre jour, cher lecteur, comment, une nuit de fête, je lui aurais bien remonté le fibrome à grands coups de pelle à neige ... Sous le Pont Neuf.

Si tu veux on se revoit.

samedi 16 octobre 2010

Pizza Minnelli


Le rapport avec la disgracieuse cabaretiste , hurleuse d'hymnes crypto-gays et auteure du Guide du Routard sur New York, n'est pas évident, mais je ne résiste jamais à un joli titre.
Si ce titre est poussif, l'histoire que je m'apprête à vous livrer ce soir, est réelle. 
Je vous parle d'un temps que les moins de 20 ans n'ont pas eu la chance de connaître, ils sont si désespérés  à compter les points d'une retraite qui se barre en testicule et à contempler le romantique TEG d'une future maison Jacques Ribourel, à l'ombre des platanes de la rue du Gland , l'impasse si convoitée du lotissement "Claude Barzotti", grand pourfendeur de la pizza à la cancoillotte .. Je me rapproche je me rapproche ...... 

C'était le mois de février, son ventre était bien rond, c'est vrai qu'on l'attendait, on voulait l'appeler Jason.

Moi aussi j'ai eu un jour 10 ans de moins, et c'est dans ces circonstances que la honte, la pire, l'indélébile, se pointait. Cette honte qui restera pyrogravée sous le couvercle de mon cercueil, si je ne meure pas dans un avion, mon corps  dévoré par les requins en cuir d'eux mêmes, très chic, à l'inverse de la morue des mers froides, si mal habillée. 
Un dimanche soir que je me dandinais sur le zinc de quelques bars démodés de la ville, les veines chargées de gamma glutamyl transpeptida à l'orange, je me fais inviter par mon meilleur ami de la soirée, à poursuivre dans un autre endroit qui servait le même cocktail, parce que si je fais des mélanges, je vomis assez aisément  dans le Chantal Thomas en voile de soie de ma voisine de cendrier (heureux temps on nous pouvions nous fumer la bronchiole comme une morteau, sans en mourir ...). 

L'endroit s'appelait le "Dioclétien Palace" et j'avais 20 kilos de moins. Nous fîmes la même chose qu'avant, mais ailleurs, ce qui est vachement mieux. J'a  bu des gamma glutamyl transpeptida mais avec du Perrier dedans, pour la ligne, plusieurs fois... J'ai même trinqué avec ma voisine au Chantal Thomas, qui en fait, était un Etam car elle venait de Wittenheim et s'appelait Katia.

La musique mélopait, hardcorisait. 
Ma chorégraphie déliait les bourses... Et tirait les VISAS des poches boursoufflées par des sexes tuméfiés de désir.  
Je n'étais qu'icône devant qui l'on posait, en offrande, les verres d'alcool qui me permettaient la transe, la danse finale, le boogy woogy, le lambeth walk et le hully gully si cher à Line Renaud, quand  un homme en noir, l'oreillette en érection me demande enfin de le suivre afin de vivre cette parade amoureuse, en un lieu plus cosy et moite. 
Voilà que le dehors pointe, et le frais du petit jour me saisit et me dégrise. Mon prince noir a disparu et la lourde porte de mon temple est définitivement scellée. Je cours, me cogne aux arbres à cause de tout ce Perrier  ET soudain, soudain la faim. Celle qui fait souffrir. Celle que l'on adore ressentir, quand, le dimanche, la table est mise et le bourguignon surgit. Mais là,  point de bourguignon, point de petits cubes de charolais délicatement revenus au beurre,  point de cette viande violée par le vin, point de ce jus d'encre parfumé, épaissit par la réduction ... Non non,  juste une faim de merde, une faim qui vous rend capable d' ingérer un big mac au sunday caramel. 
Mais Dieu existe, il a fait cohabiter une pizzeria à côté de mon temple de la danse. Je dégaine la carte bleue de ma poche si vide, et commande une reine à emporter. Oui oui.
Tout va très vite. Un ami que j'appellerais Emmanuel, car c'est son prénom, me propose de me ramener dans ma maison, je lui demande quelques minutes de patience, car ma pizza cuit. 

Emmanuel ne m'a jamais attendu, et je ne l'ai jamais revu de ma vie (sauf sur un site gay, il  avait, lui aussi 10 ans de moins .. Pour draguer les passifs contrariés, ça doit le faire.)

Plus tard, des traces de boue sur mes jeans trahirent une chute dans un buisson, dans lequel j'ai commencé ma nuit. 
Je n'ai que peu de souvenirs de ce buisson, mais il a bien fallu que j'en sorte pour pouvoir rejoindre l'abris-bus.. anti-chambre de la voie rapide ... Cette "maison "providentielle" et libre de suite, possédait un banc à l'abris des intempéries, il semblait avoir été posé pour moi. Alors je m'y vautrais, en faisant attention à ne pas abimer ma pizza encore tiède. 
Vers 9 heures du matin, j'ouvre un oeil un peu collé de conjonctivite, et salue chaleureusement tout ces travailleurs du lundi matin, qui attendent  leur tram numéro 2. Je suis recroquevillé sur ce banc salvateur depuis 4 heures... J'ai toujours en main ma Carte Bleue, et sous ma nuque, ma pizza reine est bien calée...

 Je me lève, ma veste Paul Smith est à peine froissée....  restent les traces de boue séchée sur mes genoux et une pizza froide que je dévorais sur le chemin de ma maison. 
La honte je vous dit.    Mais toute honte bue.....  

Si tu veux on se revoit


Adaj Dujour


jeudi 14 octobre 2010

Coming Out (Evelyne Thomas est une sacrée connasse)

Va pas croire que parce que ça fait un an que je délaisse le blog, que je vais me confondre en excuses. non non. Je te connais à peine.

Après le jogging du mois d'août 2009, j'ai fait des trucs et des choses, que même Dieu n'en croirait rien, et pourtant c'est pas la moitié d'un con.

Mais le truc le plus incroyable (même pour Dieu, disais-je) c'est que ma mère en 2009, qui croyait en son fils (et en Dieu des fois, quand elle pensait avoir perdu l'un de ses carrés Hèrmes), a enfin appris que je n'irai jamais à l'église avec un alibi blonde en robe du soir meringuée et à la coiffure connassée par "KATIA COIFF' 2000" du coté de Wittelsheim ...Que sinon j'aurais vomi sur l'adjoint au maire.
Non non non. Maman admit une bonne fois pour toute, que la truie et la bite peuvent être dans mon dedans (mais pas toujours parce qu'il faut de la fantaisie, de la Biafine et du recul). Maman allait savoir enfin pourquoi ses amies souriaient quand elle disait que Judy Garland aurait pu être ma meilleure amie, si Lisa Minelli n'avait pas foutu sa merde. Parce qu'il faudra bien reconnaître un jour, que Lisa Minelli, à l'instar d'Evelyne Thomas, est une sacrée connasse.

C'était le mois de février, son ventre était bien rond. C'est vrai qu'on l'attendait, on voulait l'appeler Jason.

Et mère, se prend enfin toute l'immensité tapettophile de son fils unique, en pleine terra cotta... Et de marron clair à beige bourge, et de greige clair à porcelaine limousine, le visage de Môman se fane, se fripe comme une reinette, se fendille comme un morceau de parmesan vieilli en cave, (comme le talon nu de Marie-Truie, une partenaire sociale qui est évangeliste et qui porte des sandales si orthopédiques, qu'elle aurait pu coucher avec le Docteur Sholl), et elle voit passer la vie de son fils devant ses yeux : barbara Dalida Madonna Lady Gaga Barbara Streisanda Jeanne Masa et cette salope de Judy Garlanda, sans parler d'Oedemia Frustrata qui se reconnaîtrA. Et avant que la grande lumière blanche ne l'emporte plus loin, , dans un dernier sursaut élégant,
elle me dit : " Alors ça, j'laurais jamais pensé" avec ce léger accent du sud de Mulhouse.

Si tu veux on se revoit.